Qu’apporte l’éthologie à notre compréhension du cheval (et de nous-même)?

Qu’apporte l’éthologie à notre compréhension du cheval (et de nous-même)?

Qu’apporte l’éthologie à notre compréhension du cheval (et de nous-même)?

L’éthologie est l’étude du comportement des animaux en milieu naturel, il s’agit donc d’une science à part entière.
L’éthologie appliquée, est l’étude du comportement des animaux dans un milieu aménagé par l’homme.
L’équitation dite « éthologique » est l’utilisation des données scientifiques pour éduquer le cheval en se basant sur son fonctionnement physiologique et psychologique.
L’équitation éthologique n’est pas une approche forcément plus douce, mais une approche qui vise à éduquer le cheval d’une façon à ce qu’il puisse comprendre clairement ce qu’on attend de lui et y répondre.
En effet, dans le monde équestre, les « gens de chevaux » ont parfois des exigences envers leur monture, mais leurs demandes sont souvent ambigües et ce pour plusieurs raisons (on pourrait d’ailleurs, tout à fait transposer cela aux rapports humains : quand nos demandes ne sont pas claires et nos besoins non exprimés, comment pouvons-nous attendre des autres qu’ils y répondent ?) :
• Un manque de connaissances : Sans savoir comment le cheval apprend et comprend, beaucoup de maladresses sont commises.
• Un positionnement fluctuant, les changements d’humeur, qui font que les « codes utilisés » ne sont pas toujours les mêmes et le cheval s’y perd.
• Une mauvaise gestion corporelle qui fait que les problèmes d’équilibre du cavalier engendrent des actions désordonnées et donc des chevaux qui répondent à ces actions et non à ce que souhaite le cavalier. (Le cheval est-il sensé lire dans nos pensées ?)
• Une mauvaise gestion émotionnelle entrainant les mêmes problèmes d’inadéquations entre les « codes » utilisés pour effectuer une demande et la demande elle-même.

Dans le monde sauvage, le cheval est une proie. Il est donc « conçu » pour fuir le danger. Si pour lui vous incarnez le danger, imaginez son besoin à ce moment-là…
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Le cheval fonctionne par association, c’est-à-dire il associe les choses, les gens, les demandes, les situations à quelque chose de confortable, d’inconfortable ou de dangereux.
Toute la subtilité de l’approche éthologique est de devenir la zone de confort de son cheval. Un repère fixe auprès duquel il peut trouver une sécurité relative afin qu’il se préoccupe plus de nous que de son environnement.
Ensuite, l’art consiste à conditionner ses réponses à partir de codes de plus en plus subtils pour obtenir sa coopération et sa légèreté.

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Lorsque cela est bien fait, le cheval apprend progressivement à réagir de façon adaptée à son environnement.
Mais cela demande à son « humain » de faire de même. Si le bipède montre des signes de peur, son cheval les repère et très vite, montre également des signes d’inquiétudes qui pourront aller d’un simple redressement d’oreille à un demi-tour avec fuite express selon le travail mis en place et la vivacité de l’animal (parfois aussi selon son passé).
Ce n’est pas qu’il lit dans nos pensées, mais il lit notre corps, tout mouvement, tout changement d’attitude est perceptible par cet animal dont la survie dépend de sa faculté à repérer les moindres signes de danger pour pouvoir sauver sa peau. Ensuite la réactivité est différente selon la race. Un pur-sang, bien souvent, sera beaucoup plus réactif qu’un cheval de trait.
Ce que cette approche nous enseigne c’est d’avoir la maîtrise de soi pour avoir la maitrise de son cheval.
C’est donc l’histoire de toute une vie et une entrée fascinante de notre propre univers sensoriel et émotionnel et dans celui de notre cheval.
Le bénéfice de cette approche n’est vraiment pas négligeable. Vous développez un nouveau type de rapport avec votre animal, vous développez aussi votre présence, votre assurance, votre clarté, votre communication et tout cela est bien sûr transposable à vos rapports humains.
Alors, bien souvent, je vois des cavaliers qui regardent ça de loin et qui imaginent qu’ils « n’ont pas besoin « d’éthologie » pour longer leur cheval, les faire marcher en main ou même, les monter, tant les exercices de base leur paraissent insignifiants.
Pourtant, ce sont ces mêmes exercices qui permettent, ensuite, de passer à des choses plus complexes. C’est un peu comme apprendre l’alphabet. Sans ça, comment construire des mots, puis des phrases ?

C’est ce qu’on appelle le « modelage » , c’est-à-dire la mise en place de réponses conditionnées, qui, assemblées, permettent de demander des choses de plus en plus subtiles et complexes en étant compris de l’animal.

Alors oui, le début est simple, mais rend tellement le cheval attentif et réceptif à nos demandes qu’il m’apparait aujourd’hui incontournable.
Pour avoir manipulé des chevaux depuis mon enfance, j’ai vraiment découvert quelque chose d’inédit et qui rend tout, tellement plus facile. La plus grosse difficulté que j’ai pu constater, c’est de gommer mes propres reflexes conditionnés par des années de pratique.
Non que tout soit à jeter, mais certaines mauvaises habitudes ont la peau dure.

Cela me demande donc un temps entre de réflexion avant l’action afin que chaque action soit faite « en conscience » et là, je ne peux que rejoindre tout ce que j’ai appris et enseigne aujourd’hui en sophrologie qui est, quant à elle, l’étude de la conscience humaine.
Je dirais, que c’est surtout, l’étude de sa propre conscience.

(Voici un article que j’ai écrit sur l’apport de la sophrologie aux cavaliers : http://www.mon-formateur-sophrologie.fr/en-quoi-la-sophrologie-peut-elle-etre-efficace-aupres-des-cavaliers )

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Les apports de l’éthologie sont aussi intéressants dans la manipulation des chevaux à pied que dans la pratique de l’équitation qu’elle soit sportive ou de loisir.
Déjà parce qu’elle propose un travail sur soi avant tout, au niveau de la maitrise de son corps, de sa posture, de la clarté de ses intentions, et ensuite parce qu’elle propose au cheval une coopération par une recherche du confort.
Le partenaire équin trouve donc un bénéfice à accéder aux demandes de son bipède et chacun trouve plus facilement son intérêt.
Tout à fait compatible avec les préceptes de l’équitation « agir/résister/céder », et aussi « position/action/mouvement » l’équitation « éthologique » propose une relation gagnant/gagnant, véritable source de satisfactions qui limite considérablement le stress d’apprentissage de chacun des partenaires.

Samantha MERCIER

Sophrologue- Coach – Opératrice CAVAL-CONNECT