La sophrologie : méthode de préparation mentale pour les cavaliers.

La préparation mentale est de plus en plus répandue chez les cavaliers de haut niveau et commence à se pratiquer dans les niveaux moyens. Pour autant elle peut s’adapter à tous les niveaux. Cet article se limite à quelques généralités non exhaustives, et fait donc abstraction des soucis personnels qui peuvent également altérer la pratique équestre. C’est pourquoi un travail personnalisé est nécessaire car il prend en compte l’individu dans son contexte avec sa spécificité.

 

La sophrologie chez le cavalier débutant :

La difficulté principale chez le cavalier débutant est principalement d’apprendre à gérer son corps afin de le mettre au diapason de celui de son cheval.

Il doit donc gérer sa position et les secousses provoquées par les allures de l’animal. Il doit apprendre à éviter les mouvements involontaires pour tenir sur le cheval mais également pour éviter de lui donner de mauvaises indications. En effet, le cheval pourrait réagir de façon inattendue pour le cavalier qui aurait malencontreusement sans le vouloir, provoqué un départ au galop inopiné ou un changement de direction trop brutal.

Il doit également gérer sa peur qui est souvent due à un manque de maîtrise de soi et de l’animal.

La sophrologie peut donc l’aider à mieux connaître son corps, à se situer dans l’espace en ayant de nouveaux repères sensori-moteurs qui ne sont pas les mêmes que lorsqu’il est sur ses deux pieds.

Grâce à une meilleure gestion de sa respiration, le cavalier débutant peut réduire son niveau de stress induit par la peur et acquérir le lâcher prise nécessaire.

Ce lâcher-prise permet une réceptivité mentale qui elle-même l’aide à mieux appréhender les consignes du moniteur, mais aussi une plus grande disponibilité physique lui permettant de suivre ces consignes.

La sophrologie chez le cavalier amateur :

Le cavalier amateur est un cavalier qui a progressé et qui a une certaine maîtrise de la pratique équestre.

Cependant, il rencontre parfois des situations difficiles qui fait qu’à cause d’une peur (liée à une chute par exemple), une pression auto-alimentée (cas typique du cavalier de concours qui « perd ses moyens » sur le terrain), ou d’une problématique corporelle (un défaut de position ou d’emploi des aides qu’il n’arrive pas à corriger), il ressent également de la frustration de la déception et de la colère.

Cette colère peut se diriger contre lui-même, il se pensera nul et bon à rien et entretenant cette idée, il en fait une prophétie auto-réalisante. Mais elle peut également se diriger contre le cheval ou l’enseignant. Ce qui, dans les deux cas, ne l’aide pas à dépasser son problème, nous sommes bien d’accord.

La sophrologie peut l’aider à apaiser son mental et à mieux gérer son corps pour améliorer ses défauts. Il est essentiel également que le sophrologue l’aide à ne pas s’identifier à ses défauts, car s’il en fait une « caractéristique personnelle », il lui est d’autant plus difficile de dépasser le problème.

On entend alors ce type de remarque « oui mais moi, j’ai toujours eu la jambe en avant ». Ok mais justement, si aujourd’hui il est en difficulté, améliorer la position de sa jambe peut l’aider à dépasser sa difficulté.

Pour cela, il a besoin d’être disponible et de changer l’image qu’il a de lui-même correspondant au « cavalier à la jambe en avant ». La sophrologie l’aide alors à modifier cette vision de lui pour permettre le changement.

Deux autres points concernent également le cavalier amateur.

Il s’agit dans un premier temps de la gêne provoquée par le regard des autres. Les concurrents, les « faux amis qui vous attendent au tournant » etc… Il est important de pouvoir faire abstraction des critiques et remarques blessantes et malveillantes pour s’autoriser à progresser. La sophrologie dispense des techniques efficaces pour cela.

Dans un deuxième temps, le cavalier peut également subir des pertes de repères liées elles-mêmes à sa progression. C’est-à-dire qu’en améliorant sa position et en ayant un cheval qui progresse également, il doit sans arrêt s’adapter à tous les changements qui s’opèrent.

De nouvelles sensations, de nouvelles douleurs ou courbatures, l’impression de redevenir débutant, de ne plus rien savoir, tout cela entraine une déstabilisation physique et mentale du pratiquant de ce merveilleux sport.

La sophrologie ayant pour objet justement de faciliter l’adaptabilité du sujet, alors il devient plus facile d’accepter ces « inconforts » ponctuels avec moins de frustration et de désespoir.

La disponibilité physique liée également à une meilleure intégration du schéma corporel proposée par des techniques de relaxation en mouvement, facilite l’absorption de ses difficultés provisoires.

La sophrologie chez le cavalier professionnel et/ou de haut niveau :

Le sportif de haut-niveau n’en est pas moins un homme ou une femme, il peut donc également être confronté à une peur ou à une perte de confiance qui entraine la contre-performance.

Cependant, il est justement parfois inconcevable et très frustrant d’admettre une peur ou une difficulté quand on en a déjà dépasser beaucoup. C’est pourquoi, l’intervenant se doit d’être à l’écoute, bienveillant et non jugeant.

Mais ce qui caractérise le cavalier professionnel, ce sont les enjeux de la compétition.

La concurrence est plus rude, car si, en apparence, les rapports sont cordiaux, le professionnel sait qu’il y a peu de place pour les erreurs, et que certains « l’attendent au tournant ».

De plus, le cavalier professionnel a des comptes à rendre et doit figurer parmi les meilleurs s’il veut avoir du crédit pour garder sa clientèle s’il est également enseignant.

La pression qu’il subit est donc, elle aussi, de haut niveau !

Qu’il s’agisse des sponsors, des propriétaires de chevaux ou de structures, de l’entraineur, ou de ses clients, tous attendent de lui le meilleur.

Sans parler de ses « fans » car ce sportif de haut-niveau a aussi bon nombre de « supporters » qu’il ne souhaite pas décevoir. La défaite peut alors revêtir un goût amer d’humiliation.

C’est encore pire, lorsqu’il doit représenter son pays dans les compétitions internationales.

Difficile également de repartir dans des épreuves plus petites lorsqu’il y a un changement de cavalerie quand on a été sur le podium de grands concours internationaux et qu’il faut tout recommencer avec d’autres chevaux en attendant qu’ils soient au niveau pour concourir encore dans ce type d’épreuve.

A haut niveau, tout compte, et à compétences équivalentes (du cheval et du cavalier), c’est bien le mental, la concentration et la précision qui font la différence.

Aussi la sophrologie permet d’optimiser ses ressources, et de se mettre « en condition » pour performer sur le terrain.

Elle permet de réactiver « l’état de grâce » qui permet la bonne connexion avec l’animal, le juste dosage des actions, la concentration optimale dans une attitude physique à la fois tonique et décontractée pour favoriser le liant et la fluidité.

Les techniques sophroniques sont utiles à la fois pendant les entrainements afin d’acquérir des réflexes reproductibles en compétition.

La sophrologie combine des exercices de respiration, statiques ou en mouvements, de la relaxation physique, mentale et émotionnelle qui favorise la réceptivité et la créativité pour enfin « visualiser », c’est-à-dire « se projeter » dans l’expérience idéale.

Cela permet de se « mettre en condition » et de créer un conditionnement pour pouvoir briller en compétition par la suite

Les bénéfices de la sophrologie pour tous les cavaliers :

Comme nous l’avons vu, la sophrologie peut accompagner le cavalier, de ses tous premiers pas jusqu’à la performance olympique.

Elle s’applique à toutes les disciplines (même l’attelage ou la randonnée) puisqu’en la pratiquant, l’équitant acquiert :

  • La réduction de son niveau de stress afin de n’en garder que l’effet stimulant
  • Une meilleure conscience et une meilleure gestion de son corps
  • Une plus grande disponibilité physique et mentale améliorant la relation avec l’animal et donc sa connexion à lui (ce qui rend l’animal plus coopératif)
  • La faculté de faire abstraction du regard des autres
  • Une meilleure réactivité, car plus libre dans sa tête, la prise de décision rapide est d’autant plus facile
  • Une plus grande confiance en soi
  • Une plus grande facilité à accepter la contre-performance comme un évènement isolé et non comme une malédiction qui va se reproduire systématiquement
  • La capacité de rebondir et d’aller de l’avant en faisant fi du passé
  • L’amplification du plaisir ressenti lors de la pratique

Ces bénéfices sont tellement flagrants, que la sophrologie parait incontournable aujourd’hui dans la pratique des sports équestres. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à prendre contact avec nous.

Samantha Mercier

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